Categories

Accueil > Le comité local > Collectifs > Collectif soutien aux peuples du Maghreb et du Moyen-Orient

Collectif soutien aux peuples du Maghreb et du Moyen-Orient

Charte du Collectif 31 "de soutien aux luttes des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient"

Les pays du Maghreb et du Moyen-Orient ont des histoires, des structures politiques et des positions géopolitiques différentes. Mais ces pays ont pour points communs le fait d’avoir été marqués à des degrés divers par la colonisation et les impérialismes, d’avoir subi (et de subir encore pour la majorité d’entre eux) des régimes despotiques. Aujourd’hui, ces pays présentent une autre caractéristique commune : les mouvements de contestation déclenchés en hiver 2010 en Tunisie et en Egypte, se poursuivent et s’étendent maintenant à quasiment tous les pays de ces régions.
 Composé d’associations, partis et syndicats, le collectif estime que ces pays présentent des traits communs appelant une lutte commune. Le Collectif de soutien aux luttes des peuples du Maghreb et du Moyen-Orient a été crée sur cette conviction. Il a pour objectifs :

  • De relayer en France les voix des peuples en lutte dans les pays du Maghreb et au Moyen-Orient
  •  De favoriser la solidarité entre les sociétés civiles (notamment entre la France et ces pays)
  •  D’exercer différentes formes de pression pour éviter toute forme de compromission ou collaboration entre les autorités officielles françaises et ces Etats, notamment dans des situations historiques comme celles que connaissent aujourd’hui ces pays, où des peuples se soulèvent pour renverser les régimes autoritaires. Par autorité officielle française nous entendons les autorités publiques (représentants de l’Etat, élus locaux) et les représentants de toute institution publique (comme par exemple les universités).

Les membres du Collectif se rassemblent autour de plusieurs convictions et principes :

  1. La promotion de la société civile et des libertés individuelles sont nécessaire à l’établissement de sociétés démocratiques.
  2. La démocratie n’a pas de sens sans justice sociale. Le Collectif défend le droit d’association et d’organisation afin de favoriser la défense des intérêts des couches populaires notamment à travers l’activité syndicale.
  3. La démocratie n’a pas de sens sans indépendance et sans respect de l’intégrité territoriale de chaque pays. Et inversement. Le Collectif défend conjointement la démocratie et l’indépendance. Il s’oppose conjointement aux régimes autoritaires (quand bien-même ils tiennent un discours en apparence tiers-mondiste et anti-impérialiste) et aux velléités des puissances mondiales guidées par la défense de leurs propres intérêts. Cette position implique de prendre en considération les situations réelles des peuples, leurs droits, leurs opinions et leurs libertés et non de se limiter aux discours des autorités politiques.
  4. La démocratie n’a pas de sens sans l’abolition de tous les dispositifs institutionnalisant le patriarcat. Le Collectif défend les mouvements féministes de ces pays et tous les mouvements sensibles à la question de l’égalité formelle et réelle entre hommes et femmes, dans l’espace public et dans l’espace privé. Le Collectif défend ce principe d’égalité, quand bien même des mouvements au cœur de la lutte entendraient repousser cette revendication à plus tard (comme en témoigne l’histoire des mouvements sociaux et politiques à travers le monde).
  5. La démocratie n’a pas de sens sans le respect de toutes les minorités qu’elles soient religieuses, ethniques, linguistiques ou sexuelles. Le Collectif défend les mouvements attachés à ces principes. 

Le Collectif n’entend pas faire des propositions politiques à la place des peuples en lutte, mais simplement faire entendre la voix de ces mouvements dans le respect de la déclaration universelle des Droits de l’Homme et de ces quelques principes élémentaires.

Le collectif s’oppose au cynisme et aux égoïsmes des États européens qui ont tendance à ne voir dans les révolutions en cours qu’un "risque migratoire". Les peuples se révoltent contre les régimes dictatoriaux afin de vivre heureux dans leur propre pays. Ces révolutions peuvent mettre à mal les accords établis entre l’Union européenne et les dictatures du sud de la Méditerranée, accords qui permettent à l’UE d’externaliser ses frontières. Le Collectif demande que l’UE et la France, en particulier, cessent de soutenir les régimes qui en plus de bafouer les droits des peuples, jouent le rôle de gendarmes de l’Europe.